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Title: Portrait de André Masson. Photographie Originale de l'artiste
Description: Par l'auteur, s.l. 1983, 22x22cm sur papier Ilford 30x40cm, une feuille. Grand portrait photographique original en noir et blanc réalisé par Marc Trivier. Tirage argentique original non signé, comme la plupart des œuvres de Trivier. Précieuse épreuve argentique originale du célèbre photographe belge, un des artistes contemporains les plus secrets, qui malgré un succès international précoce, a préféré limiter sa production pour conserver la cohérence de son œuvre. Marc Trivier ne tire pas de nouveaux exemplaires de ses anciens portraits, le papier de tirage qu'il utilisait n'est d'ailleurs plus commercialisé. L'artiste « réalise lui-même ses tirages sur papier baryté Ilford, consacrant plusieurs jours de travail à chacun, avec une concentration particulière pour rendre les blancs, par contraste avec des noirs d'une rare densité. Un tirage de Marc Trivier ne ressemble à aucun autre. Lorsqu'il accepte de les exposer, il les suspend dans des cadres en inox de sa fabrication, laissant libre cours à la vie du papier. » (Xavier-Gilles, « Marc Trivier et la tragédie de la lumière » in Le Monde Libertaire, 2011). Cette « vie du papier » participe de l'œuvre au même titre que les diverses altérations que subissent les photographies lorsqu'elles sont exposées : « Dans les boites, les tirages gondolent, mais qu'importe : le photographe affectionne ce genre d'accident. » (Claire Guillot, « Les face à face sans échappatoire du photographe Marc Trivier », Le Monde, 2011). Marc Trivier a une sensibilité particulière pour l'aspect matériel de ses productions. Alors que la photographie relève par essence du multiple, cette intervention de l'artiste dans tout le processus de création confère une aura autographique à ces tirages. Photographies d'artistes, de fous, d'arbres ou d'abattoirs, Marc Trivier aborde tous ces sujets avec un regard aussi précis qu'intense. « Dans sa cosmogonie, chaque chose, chaque être, végétal, animal ou humain, mérite le même respect. Car tous sont confrontés à la même loi d'airain : la solitude. » (Luc Desbenoit). La beauté qui émane de ses photos vient de cette nudité. Il n'y a ni retouches, ni recadrages. On retrouve dans son œuvre le même format carré souligné par le carré du négatif que Trivier laisse sur ses tirages. Ce cadre piège notre regard dans des photographies où le fard de la couleur est rejeté pour un noir et blanc incisif. Toute artificialité ayant disparu nous ne faisons pas face à la mise en scène d'un sujet mais à une présence exacerbée par la lumière irradiante et singulière, témoin d'un instant de vie et non de pose. C'est cette lumière, liée au médium photographique, qui unit les séries de Marc Trivier : « Les photographies de Marc Trivier écrivent une tragédie de la lumière, celle-ci n'accueillant les êtres - hommes, arbres ou bêtes - qu'en les brûlant, avant disparition. » (Xavier-Gilles in Le Monde Libertaire). C'est aussi elle, délivrée de tous les artifices, qui donne à ses œuvres l'aura qui les rend si présentes. Cette « brûlure » de la lumière nous renvoie à un instant réel, au « ça a été » de Barthes (La Chambre Claire, 1980) : « De trente-cinq ans de pratique photographique, d'obsessions, c'est peut-être ça qui reste : un mode d'enregistrement singulier de la brûlure de la lumière, décliné d'une image à l'autre, en une succession de propositions qui se ressemblent et pourtant chacune est aussi singulière que la fraction de temps auquel elle renvoie. » (Marc Trivier). « La photographie ne dit qu'une chose : « C'était. » On ne fixe que ce qui a été. S'il y a une tragédie, elle est là. » (Marc Trivier) Warhol, Foucault, Beckett, Dubuffet ... les plus grands écrivains et artistes ont posés pour Trivier. Simultanément l'artiste s'intéressent également aux marges de la société, à ce que les hommes ne veulent pas voir. Il photographie alors les aliénés et les abattoirs qu'il place en regard des célébrités. Dès la fin des années 1980 son œuvre est unanimement reconnue et il reçoit le prestigieux Young Photographer Award de L'international Center of Photography en 1988 ainsi que le Prix Photographie Ouverte (Charleroi). Après le Palais de Tokyo à Paris, le musée de l'Elysée à Lausanne et le Casino à Luxembourg, la Maison Européenne de la photographie à Paris lui consacre une importante rétrospective en 2011. Les photographie des grandes personnalités de son époque que Marc Trivier réalise ne cherchent pas à montrer l'image publique de ces artistes. Prises de face, avec un regard dirigé vers l'objectif, elles nous montrent une image d'intimité : « (...) au lieu d'être un portraitiste d'écrivains et d'artistes parmi tant d'autres, il se marginalise par son dispositif : sous prétexte de réglages, il fait attendre ses modèles, il les fait poser plusieurs minutes ce qui leur donne un air las. Il attend peut-être un comportement plus naturel. Et on se retrouve face à Francis Bacon en équilibre précaire, Samuel Beckett, Jean Dubuffet ou encore Michel Foucault plus ou moins tassés sur leur chaise. Des images intimes. » (Sylvie Rousselle-Tellier, « Une image de fatigue chez Marc Trivier », Marges 2004). Photographiés dans leur univers personnel, la plupart du temps leur chambre, les sujets s'abandonnent, ne maitrisent plus leur image. Le déséquilibre qui en résulte révèle les fragilités de ces personnalités si fortes, et permet à Trivier de restituer l'unité du corps intime et de l'œuvre publique. « Je lisais Genet ; pour moi Genet, c'était des lettres sur un livre. Et puis un jour j'ai vu son portrait, il y a eu comme une fracture. Comment était-il possible que ces signes soient aussi quelqu'un ? Faire un portrait, c'est ressouder le nom et le visage. » (Marc Trivier). Plus qu'un portrait, chaque photo est le témoignage d'un échange entre le sujet et l'artiste, d'un instant de vie réelle. La présence du photographe est sensible dans chacun des portraits que réalise Trivier : « Ce qui m'intéressait, ce n'était pas de photographier simplement un corps ou un visage, mais cette situation particulière qui est quelqu'un en train de faire la photo de quelqu'un d'autre. » (Marc Trivier). - Par l'auteur, s.l. 1983, 22x22cm sur papier Ilford 30x40cm, une feuille. [AUTOMATIC ENGLISH TRANSLATION FOLLOWS] Large original photographic portrait in black and white directed and shot by Marc Trivier. Unsigned silver print, like most of Trivier's works. Unique proof drawn by the artist. Photographs of artists, madmen, trees or slaughterhouses, Marc Trivier approaches all these subjects with a look as precise as intense. ""In its cosmogony, every thing, every being, vegetable, animal or human, deserves the same respect. For all are confronted with the same law of brass: loneliness. (Luc Desbenoit) The beauty that emanates from his photos comes from this nudity. There is no editing or cropping. We find in his work the same square format that traps our eyes in photographs where the makeup of color is rejected for an incisive black and white. Since all artificiality has disappeared, we are not dealing with the staging of a subject but with a presence exacerbated by the radiant and singular light, witness of a moment of life and not of pose. It is this light, linked to and obsessed with Trivier's medium, that gives his works the aura that makes them so present: ""Of thirty-five years of photographic practice, of obsessions, it is perhaps that which remains: a singular mode of recording of the burning of light, declined from one image to another, in a succession propositions that are similar and yet each is as singular as the fraction of time to which it refers. (Marc Trivier) Taken from the front, with a look at the subject directed towards the lens, the photographs that Marc Trivier realizes personalities of the 1980s are not those of a star portraitist, but result on the contrary from a desire to desacralize: ""Instead of being a portraitist of writers and artists among many others, he is marginalized by his device: under the pretext of adjustments, he makes his models wait, he makes them ask several minutes which gives them a weary air. He may be waiting for a more natural behavior. And we find ourselves facing Francis Bacon in precarious balance, Samuel Beckett, Jean Dubuffet or Michel Foucault more or less packed in their chair. Intimate images. "". (A picture of tifoxing Marc Trivier, S. Rousselle-Tellier, in Marges, 2004) Photographed in their personal universe, most of the time their room, the subjects surrender themselves, no longer master their image. The imbalance that results reveals the fragility of these strong personalities, and allows Trivier to restore the unity of the intimate body and the public work. ""I read Genet; for me Genet, it was letters on a book. And then one day I saw his portrait, it was like a fracture. How was it possible that these signs are also someone? To make a portrait is to tie up the name and the face. (Marc Trivier) Warhol, Foucault, Beckett, Dubuffet ... the greatest writers and artists have posed for Trivier. At the same time, the artist is also interested in the margins of society, which men do not want to see. He then photographs the lunatics and slaughterhouses he places next to celebrities. By the end of the 1980s his work was unanimously recognized and he received the prestigious Young Photographer Award from the International Center of Photography in 1988 as well as the Prix Photographie Ouverte (Charleroi). After the Palais de Tokyo in Paris and the Musée de l'Elysée in Lausanne, the Casino in Luxembourg, the European House of Photography in Paris devotes a major retrospective to him in 2011.

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Price: EUR 2000.00 = appr. US$ 2173.69 Seller: Librairie Le Feu Follet
- Book number: 62282

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